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UN CANDIDAT POUR GAGNER


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Chronique de Dominique JAMET...

L’élection directe du président de la République par le peuple français est depuis 1965 la clé de voûte de nos institutions. L’élection présidentielle - tous les sept ans jusqu’en 2002, tous les cinq ans depuis 2002, et désormais immédiatement suivie des élections législatives, ce qui exclue pratiquement tout risque de cohabitation – détermine les orientations et le destin de la France pour la durée du mandat du chef de l’État. On peut s’en féliciter ou le déplorer, mais on doit le constater. C’est comme ça.

Les règles du jeu, adoptées par referendum en octobre 1962, n’ont guère changé depuis. Tout citoyen français est en droit de se porter candidat à la magistrature suprême, sous réserve d’obtenir cinq cents parrainages d’élus, disposition supposée faire barrage aux fantaisistes, aux provocateurs et autres déséquilibrés, mais qui dans les faits assure la représentation des partis politiques installés et élimine d’office toute tentative individuelle. Seuls les deux concurrents arrivés en tête s’affrontent en finale (sauf à supposer que l’un des deux se retire ou même se désiste en faveur d’un troisième ou quatrième larron, éventualité qui ne s’est jamais réalisée jusqu’à présent). On peut s’accommoder de ce système simple et brutal. On pourrait aussi imaginer l’introduction d’un vote préférentiel qui bouleverserait la donne. Il n’existe présentement aucun élément donnant à penser que nous soyons appelés à expérimenter en 2022 un mode d’emploi inédit. C’est comme ça.

La politique n’est assurément pas une science exacte. Si diverses qu’elles puissent être, on pourrait cependant attendre de personnalités qui ne craignent pas de briguer la direction de l’Etat qu’elles soient capables de faire des calculs qui ne dépassent pas le niveau du cours élémentaire première ou deuxième années. Tout se passe comme s’il n’en était rien. L’équation est pourtant relativement simple. Pour avoir une chance d’accéder au second tour, il faut réunir au minimum un cinquième des suffrages exprimés. Pour être déclaré vainqueur du tournoi, il est indispensable d’obtenir 50% des voix, plus une.

Certes, parmi les compétiteurs, certains n’ignorent pas qu’ils ne franchiront pas le premier obstacle et par là même ne seront pas confrontés au second. Certains ne sont là que pour témoigner, défendre leurs idées, profiter pour celles-ci et pour eux-mêmes de l’exposition dont ils bénéficient, voire faire perdre des voix à tel ou tel concurrent. Certains sont aveuglés par la passion, par une certaine surestimation d’eux-mêmes, ou par le goût du jeu. Les uns comme les autres s’engagent dans une épreuve qu’ils n’ont aucune chance de gagner.

François Mitterrand désirait ardemment devenir président de la République. C’est un rêve commun à beaucoup d’enfants, comme de devenir pape, roi, général, star, mannequin, footballeur ou rappeur, et qui passe le plus souvent avec l’âge. La différence est qu’il sut se donner les moyens de son ambition.

Battu de dix points, en 1965 par le général de Gaulle qu’il était parvenu à mettre en ballottage, de nouveau battu, mais d’un cheveu, par Valéry Giscard d’Estaing, en 1974, le premier secrétaire du P.S. était capable de faire une addition. Dans l’état où étaient en 1981 les partis de gauche et les partis de droite, il était à même de vaincre s’il faisait derrière lui l’union de toute la gauche, sans exception, des radicaux aux communistes en passant par son propre parti, donc s’il parvenait à fédérer le temps d’une campagne et d’un vote un parti modéré, un parti réformateur et un parti stalinien qui depuis 1949 n’avaient jamais fait alliance tous les trois, et que séparaient des querelles de personnes, des intérêts et des clientèles opposés, des idées et des souvenirs inconciliables. Il passa, de justesse, mais il passa. L’éternel candidat, enfin récompensé, ne s’était pas contenté d’analyser finement la situation électorale du pays, il avait su en tirer les conséquences et l’utiliser à son avantage.

Dix élections présidentielles au suffrage universel se sont succédé en France. Trois fois, - 1965, 1969, 1988 - le vainqueur final, donné largement favori, l’a emporté par une marge d’environ dix points. Trois fois – 1981, 2007, 2012 – le gagnant n’a distancé son challenger que de deux à trois points. Deux fois – 2002, 2017 – le président élu a distancé son adversaire, de soixante puis de trente-quatre points.

Qu’est-ce à dire ? En 1965, les Français, honteux et repentants de leur mouvement d’humeur du premier tour, sont revenus au général de Gaulle, dont la stature dépassait alors toutes les autres. En 1969, la prospérité de la France, le prestige de Georges Pompidou, sorti à son avantage de la tourmente de 1968, et la nullité d’Alain Poher se sont conjugués. En 1988, François Mitterrand, après avoir été l’homme politique le plus haï de France, avait changé sa détestable image pour celle du père de la nation. Ces trois succès étaient aussi logiques qu’inévitables.

En 1981, en 2007, en 2012, l’issue de l’élection a tenu à bien peu de chose et si François Mitterrand a su renverser la vapeur, Nicolas Sarkozy et François Hollande n’ont réussi ni l’un ni l’autre à dépasser leur statut initial de présidents mal élus et mal aimés.

En 2002, et en 2017, ce ne sont certes pas les qualités, les mérites et la popularité de Jacques Chirac (19% au premier tour) ni la confiance en Emmanuel Macron (24% au premier tour) qui leur ont permis de l’emporter avec le score soviétique de 82% ou le score flatteur de 67%, mais le refus, dans le premier cas, de remettre les rênes du pouvoir à Jean- Marie Le Pen, dans le deuxième à sa fille Marine. Dès le soir du premier tour, en 2002 comme en 2017, aucune personne sensée ne pouvait nourrir le moindre doute sur le résultat du second. On peut s’en réjouir, on peut le regretter, on ne peut le contester. C’est comme ça.

Rien n’indique, au moment où ces lignes sont écrites, que le président Macron, obtiendrait, s’il décidait de se représenter, un résultat meilleur que le candidat inconnu qui en 2017 jouait avec une habileté certaine et une certaine crédibilité, la jeunesse, l’audace, la mort des anciens partis, et la symphonie du nouveau monde. Rien non plus ne donne à penser que la présidente du Rassemblement national ait réduit l’écart qui l’a privée de la victoire il y a trois ans et qu’elle soit à même de séduire d’ici deux ans fût-ce la moitié des dix millions d’électeurs qui ne voulaient pas d’elle.

Or, la crise sanitaire que nous avons vécue a engendré une situation et une configuration nouvelles. Le souverainisme - le mot comme la chose – que la classe et la pensée dominantes jugeaient ringard, dépassé, condamné par la modernité est redevenu une idée neuve en France. L’épidémie, dans un premier temps, la crise économique et sociale qui s’annonce, dans un deuxième temps, ont dessillé les yeux les plus obstinément et les plus aveuglément fermés sur l’état dans lequel trente ans de libéralisme, sans frein, de libre-échangisme sans règles, de libre concurrence déloyale, de dépendance, de décadence, de déclassement et d’humiliation ont mis notre pays, aujourd’hui incapable de subvenir à ses besoins et désireux de retrouver les chemins de la fierté, de la prospérité et de la liberté.

Il existe aujourd’hui en France, en dehors et au-delà de partis traditionnels tels que le Rassemblement national ou la France insoumise, au-delà et au-dessus de nos sottes querelles et de nos divisions stupides un grand groupe républicain, patriote et citoyen, une majorité informelle qui aspire encore confusément mais avec une intensité chaque jour accrue à s’incarner dans un candidat du salut public, un candidat que l’électorat venu de la droite n’aurait aucun motif de rejeter, un candidat que l’électorat venu de la gauche n’aurait aucune excuse de récuser, un candidat que l’électorat venu d’ailleurs aurait toutes les raisons de rallier. Un candidat, qui ne serait pas là pour figurer. Mais pour gagner.


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