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HISTOIRE D’UN (MAUVAIS) COUP


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Chronique de Dominique JAMET...

Recevant le lundi 15 juin M. Renaud Muselier, président de l’Association des Régions de France, président (Les Républicains) de Provence-Alpes-Côte d’Azur, et M. François Bonneau, président (socialiste) de Centre-Pays de Loire, M. Emmanuel Macron, président (macroniste) de la République a délicatement suggéré à ses deux visiteurs un assez étrange marché.

La crise sanitaire du Covid 19 n’a pas seulement affecté, comme on ne le sait que trop, l’industrie, le commerce, le secteur public et les entreprises privées. Dépenses imprévues, recettes inférieures aux prévisions, elle a également laissé les régions exsangues, incapables de faire face à leurs obligations statutaires, a fortiori de prendre leur part dans l’indispensable relance de l’économie locale sans l’aide d’un Etat à qui le « coûte que coûte » semble ne rien coûter.

Dans ce contexte particulier le chef de l’Etat a bien voulu associer ses interlocuteurs, qui ne font pas partie de sa majorité, à une idée toute simple, toute bête et dépourvue de toute arrière-pensée, qui lui est venue ces temps derniers. La conjoncture, leur a-t-il murmuré, n’imposait-elle pas l’union de tous, l’union sacrée pour la reconstruction de notre pays mis à mal par le méchant virus ? Ne pensaient-ils pas comme lui que d’un mal pouvait sortir un bien et qu’il serait préférable de consacrer l’année qui vient à cette grande tâche nationale ainsi qu’à une réforme qui augmenterait substantiellement les pouvoirs des régions plutôt que de la laisser « parasiter » par quelque interférence que ce soit. En clair, n’était-il pas judicieux de reporter d’un ou deux ans les prochaines élections régionales normalement prévues en mars 2021 ?

Rapportée par M. Muselier à ses collègues des régions, l’honnête proposition de M. Macron a suscité un rejet à peu près général, aussi bien à droite qu’à gauche. Cela pour trois raisons.

Tout d’abord, l’impression a prévalu que l’acceptation de ce report conditionnait dans l’esprit du chef de l’Etat le calendrier et l’ampleur de l’aide financière consentie aux régions en difficulté et qu’il y avait là quelque chose qui s’apparentait à une pratique plus mafieuse que républicaine, autrement dit à un chantage.

La deuxième raison est de principe. Dans notre système institutionnel, les diverses élections constituent le rendez-vous périodique et régulier de la classe politique et du peuple, la source unique où se retrempe la démocratie. Seules des circonstances exceptionnelles ou de puissants motifs d’intérêt national peuvent justifier l’annulation ou le report de ces consultations qui permettent, chacune à son niveau et en son temps, de prendre et quelque sorte le pouls et de connaître l’avis du seul souverain légitime, l’ensemble des citoyens.

Or, en l’occurrence, et c’est la troisième raison, il semble que le président de la République soit moins guidé par des considérations impérieuses d’intérêt national que par un fort intérêt personnel.

Survenant un an après la séquence des élections municipales, calamiteuse pour le parti de MM. Macron, Guérini et Le Gendre, six mois après des élections sénatoriales qui ne s’annoncent pas moins désastreuses pour les mêmes, et un an avant le Grand Prix de la République – l’élection présidentielle – des élections régionales défavorables à la fragile majorité actuelle ne seraient pas seulement un nouvelle étape de l’inévitable dislocation d’un parti de rencontre et d’opportunité rassemblé autour d’un seul homme mais leurs résultats prévisibles pourraient aller jusqu’à mettre celui-ci, comme son prédécesseur, dans l’incapacité de présenter une deuxième fois sa candidature. A l’inverse, trois présidents de région déjà candidats plus ou moins avoués -Wauquiez, Pécresse, Bertrand- piaffent d’impatience dans les starters et attendent de ces élections l’éclatante confirmation de leurs chances.

Il y avait peu de chances que la manœuvre esquissée par le président actuel, qui est d’un homme sinon désespéré du moins très proche du précipice, rencontrât l’adhésion de ses adversaires et d’une opinion dont il a depuis longtemps déjà perdu le soutien. M. Macron a tenté son (mauvais) coup. C’est son droit. La ficelle était cousue d’un fil blanc un peu trop gros pour passer.


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