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RECOMPOSITION FRANCAISE


Chronique de Dominique JAMET...

Si, comme les sondages le donnent à croire, le président sortant devait être reconduit pour un nouveau mandat de cinq ans, l’histoire retiendra qu’Emmanuel Macron aura été le vecteur, l’accélérateur et le bénéficiaire d’une indispensable clarification. La défaite d’ores et déjà annoncée, prélude à l’effondrement, pour l’un, à l’éclatement, pour l’autre, et, pour l’un et l’autre, à la disparition sous leur forme actuelle des deux grands partis de gouvernement qui alternaient au pouvoir depuis plus de soixante ans sera le fait marquant de l’élection présidentielle de 2022.

Ainsi devrait-il être mis fin à ce qu’il serait tentant de qualifier sinon d’imposture au moins d’illusion, et de façades à la Potemkine derrière laquelle il n’y avait plus que des gravats. On ne manquera pas d’imputer la responsabilité de sa déroute à l’éclatante insuffisance d’Anne Hidalgo, et celle de son échec à la campagne ratée de Valérie Pécresse. Le phénomène dépasse de loin la personnalité des deux candidates. Le pouvoir était devenu le seul ciment de deux syndicats d’intérêts mutuels qui n’auront pas survécu à leur courte traversée du désert.

Quelle raison d’être gardait un Parti socialiste qui avait renoncé à changer la vie et même la société et qui, loin d’être resté « l’ennemi de la finance », gérait le capitalisme en parfaite entente avec celui-ci ? Quelle authenticité et quel sens conservait un parti héritier du gaullisme qui avait bazardé l’héritage du fondateur de la Ve République et qui, économiquement libéral, politiquement europhile, avait acté l’effacement de la France et sa soumission à l’empire américain ?

Le 24 avril devrait acter le triomphe d’un homme soutenu par un grand groupe hétéroclite où coexistent et cohabitent des mouvements et des personnalités venus de la gauche, de la droite et du centre qui n’ont finalement en commun que leur commune attirance pour la lumière, la chaleur et le rayonnement émanant d’un président-soleil. Jacobins ou décentralisateurs, farouches laïques ou tenants des accommodements dits raisonnables, libéraux orthodoxes ou keynésiens de fraîche date, partisans du libre-échange, de la souveraineté européenne ou de la réindustrialisation et de la nécessaire protection de nos intérêts, plutôt attachés au , parlementarisme ou adeptes de la monarchie républicaine, les habitants de la galaxie macronienne, de Jean-Pierre Chevènement à Jean-Pierre Raffarin, de Christian Estrosi à Christophe Castaner, d’Edouard Philippe à François Bayrou, de Bruno Le Maire à Hubert Védrine et de Dominique de Villepin à Nicolas Sarkozy s’accordent sur la nécessité de remettre le commandement du navire et la fixation du cap à un pilote, hier synonyme de jeunesse, de disruption et de révolution, aujourd’hui dépeint et d’abord par lui-même comme un vieux loup de mer aux traits creusés par les épreuves et burinés par l’expérience, mais dont la manière d’être et de faire a surtout démontré qu’il était fondamentalement, souvent pour le pire, parfois pour le meilleur, un politicien roué, sans convictions, sans boussole, enivré de lui-même, et de ses propres discours, grisé par toutes le pouvoir, un pur pragmatique.

Ce ne sont pas seulement les circonstances – l’étouffoir abrutissant du Covid, puis, surgi au dernier moment, l’assommoir de la guerre en Ukraine, et l’accaparement consécutif du président par ses fonctions - qui expliquent la faible teneur en idéologie (comme on parlerait d’un faible degré d’alcool) d’une campagne dominée par la crainte et la crise, mais le refus par le président sortant du débat et du choc des projets, des personnes et d’abord des idées.

Macron réélu, son incontestable légitimité n’en sera pas moins affaiblie d’entrée par le record attendu d’abstentions, de bulletins nuls, de bulletins blancs, et viciée dans son principe par le fait qu’il n’était le premier choix que de 30% des votants soit de 20% des électeurs. Les législatives confirmeront-elles ou corrigeront-elles le résultat de la présidentielle ? Le maintien, en dépit des promesses, du système majoritaire, semble garantir le succès du bloc gouvernemental, donc la pérennité de la distorsion entre le paysage parlementaire et le pays réel, donc la reconduction du régime hyperprésidentiel. Deux nouveautés sont pourtant apparues au cours des derniers mois : la vitalité potentielle d’une gauche écolo-socialiste qui aurait pu figurer au second tour si elle avait surmonté ses querelles de personnes et de boutiques.

L’irrésistible montée d’un mouvement nationaliste et populiste qui, uni derrière un seul candidat, serait arrivé en tête le 10 avril. Au lendemain du 24, le pays, dégrisé, aura la gueule de bois. Le désintérêt, le dégoût, le rejet, non de la politique, mais de la classe politique, le dégagisme ont de beaux jours devant eux. La probable victoire du président Macron est une victoire aux pieds d’argile.


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