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REGIME DE FAVEUR


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Chronique de Dominique Jamet...

Le 1er mai 2018, sur la petite place parisienne de la Contrescarpe, au soir d’une journée de manifestations qui ont donné lieu à des débordements spectaculaires, un homme trapu, affublé d’un casque de police, s’en prend violemment à une jeune femme apparemment pacifique avant de frapper à plusieurs reprises, debout puis au sol, un jeune homme visiblement apeuré, qui ne lui oppose aucune résistance. Le tout sous le regard d’une petite escouade de C.R.S. qui assistent passivement à la scène. S’apercevant que son intervention musclée est filmée, la brute se calme et prend le large…

Dès le lendemain, la vidéo tournée par un militant de gauche est diffusée sur les réseaux sociaux où elle vient opportunément alimenter l’inépuisable feuilleton des brutalités policières.

Le 18 juillet, deux mois et demi après l’incident, le journal Le Monde révèle l’identité du costaud de la Contrescarpe. Il s’agit d’un nommé Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Elysée auprès du directeur de cabinet du président de la République. Autorisé le 1er mai à accompagner en observateur le dispositif de maintien de l’ordre, l’individu s’est clairement rendu coupable de coups et blessures en bande organisée et d’usurpation de fonctions, deux délits justiciables de lourdes condamnations et clairement incompatibles avec le poste qu’il occupe.

De fait, dans les jours suivant les révélations du quotidien, l’on apprendra que les agissements illicites de M. Benalla ont été dès le 2 mai portés à la connaissance de son supérieur hiérarchique direct, le préfet Patrick Strzoda, et du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb et que le président de la République Emmanuel Macron, en déplacement en Australie, en a été informé pour sa part dès le 3 mai. Est-il admissible qu’aucune conséquence n’en ait été tirée ? Tout semble l’indiquer, et indiquer du même coup qu’en très haut lieu et jusqu’au sommet de l’Etat, l’intention initiale était d’étouffer cette vilaine petite affaire.

Oui mais…Devant les révélations du Monde et l’écho qui leur a aussitôt été donné, l’Elysée sort de sa torpeur et M. Bruno Roger-Petit de son silence. Dans une intervention insolite, qui se veut solennelle et n’est que ridicule, le porte-parole de la présidence déclare qu’une sanction « sans précédent » a été prise contre M. Benalla : celui-ci a été, début mai, en toute discrétion, « mis à pied » pour une durée de quinze jours. Trop tard. L’étincelle a mis le feu à la prairie.

Qui donc est l’homme qui vient d’accéder bien malgré lui à une célébrité nationale et de donner lieu au premier scandale du quinquennat ? Un simple garde du corps, un spécialiste autoproclamé de la sécurité qui a su, lors de la dernière campagne présidentielle, gagner la confiance, voire l’amitié et le soutien du vainqueur. C’est sur la base de ce soutien et de sa proximité affichée avec Emmanuel Macron qu’un jeune homme de vingt-sept ans que sa stature, son profil et son CV qualifiaient assurément pour un emploi de videur de boîte de nuit est devenu cette éminence grise qui concurrence les services officiels de protection du président de la République, qui envoie valser préfets et officiers supérieurs, fait trembler la police, parle de pair à compagnon avec les ministres et est en effet plus proche, au moins physiquement, du couple présidentiel que nul autre. La Ve a accouché sur le tard d’un personnage que l’on croyait appartenir à des temps révolus : un favori.

Quels services exceptionnels, quelles compétences indiscutées ont valu à M. Benalla les privilèges dont il a bénéficié ? Sur quelle légitimité autre que celle d’avoir l’oreille du président fondait-il ses prétentions et son pouvoir ? Comment justifier qu’à peine avait-il échoué (quand-même) à faire entrer son protégé dans le corps préfectoral, le chef de l’Etat ait arraché à la faiblesse des autorités concernées la promotion-éclair de M. Benalla au grade de lieutenant-colonel dans la réserve de la gendarmerie ? Comment se fait-il que, prétendument écarté de son rôle de coordinateur de l’emploi du temps présidentiel, M. Benalla ait pu superviser le déplacement des Bleus sur les Champs-Elysées ? Etait-il urgent, le 9 juillet dernier, à quelques jours du mariage programmé de M. Benalla, d’offrir à celui-ci, un nid bien chaud quai Branly, à deux pas de l’Elysée, aux mêmes lieux qui, en d’autres temps, ont abrité Mme Pingeot et sa fille, M. de Grossouvre, M. Guéant ou Henri Guaino ? Les trois enquêtes en cours nous éclairciront-elles sur ces mystères ?

Dès à présent, M. Macron, qui a fait des études littéraires, et dont on sait le goût pour le théâtre, ne serait pas mal avisé de se remémorer ce passage du Cid de Corneille où don Diègue dont le Comte conteste la nomination au rang de précepteur du dauphin royal, tente de l’apaiser en ces termes :
« Ne parlons plus d’un choix dont votre esprit s’irrite/La faveur l’a pu faire autant que le mérite/Mais on doit ce respect au pouvoir absolu/De n’examiner rien quand un roi l’a voulu »

En quelques mots, don Diègue définit la « morale » d’un système qui repose sur le bon plaisir d’un monarque absolu. Faut-il rappeler à M. Macron que la Révolution française à travers la Déclaration des droits a substitué le mérite à la faveur ? Faut-il lui rappeler que le premier magistrat de France, qui ne tire sa légitimité ni de quelque droit divin, ni de sa naissance, mais du peuple, a pour devoir de respecter et de faire respecter les lois et les règles dont il est le gardien et le garant ? Le fait du prince n’a plus droit de cité dans notre République. Sauf à croire que la signification réelle du slogan « monde nouveau » soit « ancien régime ».


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