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L’OURS ET L’AGNEAU


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Chronique de Dominique JAMET...

« Un agneau se désaltérait / Dans le courant d’une onde pure / Un loup survient à jeun qui cherchait aventure. » Merveilleux Jean de La Fontaine ! Deux vers et tout est dit. A ceci près que le loup, en l’occurrence, est un ours. Et que les personnages en scène ne sont pas les animaux de la fable mais des êtres humains, pour de vrai.

Rien, rien ne saurait justifier l’agression décidée et menée par Vladimir Poutine contre l’Ukraine. Un homme, un homme seul a lancé ses armées sur un voisin pacifique. Ses arguments ? Des fantasmes, des balivernes, des mensonges grotesques puisés dans le passé parfois chaotique de l’Ukraine et ramassés dans les poubelles de l’histoire. A en croire Vladimir le Terrible, la République que préside Volodymir Zelensky serait tombée aux mains d’une clique de nazis et de toxicomanes et l’opération militaire qui a débuté le 24 février 2022 sans que l’on en connaisse les objectifs exacts et sans qu’on en voie la fin serait simplement affaire de salubrité publique. Pénible mascarade qui ne trompe personne.

Sombres jours ! Ils ramènent l’Europe à un autre état de la civilisation où l’ambition, la fantaisie, l’humeur d’un souverain jetait les uns contre les autres, pour de glorieux et dérisoires combats, pour quelques villes, quelques provinces, parfois quelques arpents de terre, des centaines de milliers de soldats. Ils ressuscitent ces temps plus récents que l’on avait un peu vite dits et crus révolus sur le Vieux continent, où l’idéologie démente et le rêve wagnérien d’un dictateur avaient entraîné le monde entier dans la guerre.

Rien ne justifie le crime contre la paix que vient de perpétrer le tsar moscovite. Mais il n’est pas – pas encore ? – interdit de rappeler et d’expliquer les origines de la démarche qui l’a conduit à la faute.

Après la fin de la deuxième guerre mondiale deux blocs se sont disputé l’hégémonie sur notre planète. L’un au nom du communisme et sous la direction de l’U.R.S.S., l’autre au nom du capitalisme libéral et sous la conduite des Etats-Unis. Le pacte de Varsovie et le traité de l’Atlantique Nord matérialisaient cette opposition et cette rivalité. Il y a trente ans, l’U.R.S.S. admit qu’elle avait perdu la guerre froide et en tira les conséquences. Libérant de leur joug les Etats satellites de l’Europe de l’Est, renonçant à ses possessions asiatiques, émancipant l’Ukraine et la Biélorussie, perdant au passage un quart de sa surface et le tiers de sa population, l’ex-empire du Mal se réduisit à son pré carré historique.

A la dissolution du pacte de Varsovie aurait pu et dû répondre la dissolution de l’OTAN. Délivrés du péril rouge, on aurait pu imaginer que les Etats-Unis prendraient en compte la bonne volonté d’un adversaire qui s’attendait légitimement à être réintégré, à son rang, dans ce que l’on appelait autrefois le concert des nations.

Il n’en fut rien. Vainqueur sans gloire et sans combat, le « monde libre », s’employa, sous la férule de la grande démocratie américaine, à ignorer, à mépriser, à humilier, à traiter en quantité négligeable, un pays qui avait pourtant conservé les atouts d’une grande puissance : l’immensité du territoire et l’arme nucléaire.

Poutine a ruminé et remâché ce grand déclassement, laissant les Etats-Unis, remodeler le monde à leur idée et courir d’échecs en déconvenues. Il rêvait jour et nuit d’une revanche.

Le pouvoir rend fou. Le pouvoir absolu rend absolument fou. On en a, une fois de plus, la preuve. Au fil des années, le chef d’Etat, le patriote russe dont la Russie avait besoin pour retrouver fierté et dignité après le pitoyable épisode eltsinien s’est mué en dictateur, fort de ses succès, muré dans sa solitude et ses certitudes. Il a cru l’heure venue en 2014, lorsqu’il a mis la main sur la Crimée et une partie du Donbass, la semaine dernière lorsqu’il a envahi l’Ukraine. Il avait vu juste il y a huit ans, il s’est grossièrement trompé en 2022. L’agneau ne s’est pas laissé manger, l’ours s’est cassé les dents sur un os, L’Europe, si longtemps absente, voire inexistante, sur la scène internationale a réagi contre toute attente. Et au-delà de toute mesure. Elle ne pouvait laisser l’Ukraine se faire dévorer. Fallait-il prendre fait et cause pour le pays envahi au point de participer activement à la guerre, aujourd’hui en fournissant les armes, demain en fournissant les combattants ?

Indispensable de mettre la Russie au ban de la planète et de l’humanité ? Approprié de traiter officiellement Poutine de « paranoïaque » et de « psychopathe » ? De lui disputer le titre du plus buté, du plus borné ? Lorsqu’on a affaire, avec Poutine en 2022 comme avec Hitler en 1934, à un homme qui pense que la force prime le droit, au lieu de le traiter en paria, au lieu de l’injurier au nom du droit, il serait plus intelligent et plus productif de lui faire admettre tout simplement que la force n’est pas de son côté. Il est peut-être encore temps.


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