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MERCI M. POUTINE !


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Chronique de Dominique JAMET...

On était déjà à la fin février. L’ensemble de la classe politique et la plupart des commentateurs médiatiques, piaffant d’une impatience que ne partageait visiblement pas un corps électoral encore sonné par plus de deux ans de Covid, s’inquiétaient ou s’exaspéraient de la coquetterie minaudière avec laquelle le président bientôt sortant différait l’annonce d’une candidature qui ne faisait pourtant de doute pour personne. C’était, disait-on, retarder le grand débat et la grande explication, d’homme à homme (et à femmes), personne contre personnes, bilan contre projet, programme contre programme, auxquels est censée donner lieu tous les cinq ans l’élection-reine de notre système républicain. Emmanuel Macron n’en apparaissait pas moins déjà comme le gagnant le plus vraisemblable de la compétition, face à des adversaires qui s’avançaient contre lui en désordre dispersé.

A quatre semaines du scrutin, la situation s’est incontestablement clarifiée. A la lumière sinistre de l’agression russe contre l’Ukraine, le chef de l’Etat s’achemine tranquillement, sauf nouvelle surprise, vers une réélection triomphale. Obéissant au plus classique des réflexes par temps d’orage ou lorsque rôdent les loups, le troupeau apeuré se regroupe autour du berger. La cote présidentielle s’envole presque à vue d’œil tandis que se multiplient, au nom de l’indispensable union nationale, des ralliements dont il n’est pas toujours aisé de démêler ce qu’ils doivent à la conviction, à la raison ou à la plus matérielle des ambitions. Rien que ces derniers jours, M. Macron engrangeait le soutien d’un dirigeant de région « de droite », d’un ancien ministre « de gauche », et de deux anciens Premiers ministres, l’un raffariniste, l’autre vallsien, en attendant la plus que probable bénédiction de Nicolas Sarkozy.

Contrairement aux règles en vigueur sur les hippodromes, le grandissime favori ne part donc pas avec un handicap mais avec un avantage. Pratiquement dispensé de meetings ou de débats, Emmanuel Macron peut mener campagne à sa guise, parfois en tant que président de la République française, parfois en tant que président en fonction de l’Union européenne, parfois en tant que candidat « comme les autres ».
Certains qui, il faut le dire, se trouvent le plus souvent être des adversaires politiques de M. Macron, s’émeuvent ou s’indignent au nom d’une exigence démocratique minimale, de cette anomalie consécutive à la crise déclenchée par le maître du Kremlin, du traitement de faveur ainsi réservé au favori, évoquent une campagne « escamotée », des électeurs « pris en otages » et, reprenant la formule de Philippe Séguin en 1995, parlent d’une élection « finie avant d’avoir commencé ». Ils vont jusqu’à suggérer un report de celle-ci.

Un report mais à quelle date, en fonction de quels critères ? Qui peut se targuer aujourd’hui de savoir jusqu’à quand et jusqu’où ira la guerre en cours ? Il n’y a d’autre part pas plus de raison d’accorder à un président apparemment assuré du succès qu’il y en aurait de les imposer à un président impopulaire une prolongation ou une interruption du mandat que lui a fixé la Constitution et de porter atteinte par conséquent au fonctionnement régulier des institutions.

Si rigoureuses que soient les « sanctions » infligées au gouvernement, aux oligarques et au peuple russes, sanctions qui nous reviennent déjà en boomerang, nous ne sommes pas en guerre. La guerre est aux portes de l’Europe, mais l’Europe, et notamment la France, n’est pas au bord de la guerre.

Quoi qu’il en soit, Vladimir Poutine, dont c’était sans doute le cadet des soucis, a fait un bien joli cadeau au président français. Emmanuel Macron, qui n’en demandait pas tant, peut remercier le tsar moscovite de lui avoir offert la victoire sur un plateau. Par une ruse inattendue de l’histoire, apparu en 2017 dans le ciel politique français comme un météore et plébiscité par le besoin général de dégagisme, le président sortant se présente aujourd’hui et est majoritairement perçu comme un dirigeant expérimenté, enfin devenu adulte, garant de stabilité. L’épisode en cours aura au moins un aspect positif : il précipite la décomposition, déjà largement entamée, d’un parti socialiste agonisant et laisse présager l’explosion symétrique et la disparition, à droite, de cet autre parti de gouvernement qui depuis longtemps n’a plus de « gaulliste » que le vieux mot-oripeau dont il se pare abusivement les jours de foire électorale.

Au-delà du 10 et du 24 avril, la question est d’ores et déjà de savoir si les électeurs donneront au président qu’ils auront élu la majorité parlementaire dont celui-ci aura besoin pour régner sans partage ou si les législatives leur offriront l’occasion d’une recomposition et d’un renouveau de leur représentation politique. Il est permis de l’espérer. Au vu du comportement des divers candidats à la campagne présidentielle en cours, il est prudent d’en douter.


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