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Les bonheurs de la mondialisation artistique

QUAND ELLES DANSENT... DEVANT LE BUFFET


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Il est des spectacles qu’il ne faut pas aller voir. Non parce qu’ils seraient mauvais, mais parce que leurs producteurs sont des « Thénardier » ! Comparativement à certaines méthodes dans le monde du spectacle, la circulaire sur les travailleurs détachés semble un gentil brouillon.
Artistes et travailleurs exploités partagent très souvent le même sort face à l’engeance pour laquelle les profits priment sur le partage ou la valeur intrinsèque.

Deux danseuses sur les dix-neuf artistes étrangers du spectacle « Carmina Burana »
actuellement en tournée en France, ont, ces jours derniers, osé s’ouvrir auprès du SFA (Syndicat Français des Artistes-interprètes), sur les conditions de travail et de salaires qu’elles et leurs confrères subissaient. Au-delà d’une concurrence déloyale vis-à-vis des danseurs français qui respectent leur profession, il s’agit d’un quasi-esclavage moderne.

Importée d’anciennes républiques soviétiques et du fait des niveaux de vie de leurs pays d’origine, la troupe n’est pas toujours consciente de ce qu’elle endure. La plainte déposée par les deux danseuses devrait l’aider à en prendre conscience.

En revanche, les dirigeants de la production française ARAME PRODUCTION : Roland
SEROPIAN, Armenak KARAPETIAN et Mikhaïl AVAKOV, eux, savent très bien ce qu’ils font en engageant exclusivement des non français pour leurs spectacles. La tournée, en ce mois de décembre, continue malgré le scandale - les producteurs arguant que leurs méthodes sont légales.

Des chambres d’hôtel à partager à plusieurs, un seul repas par jour, un seul jour de repos dans le mois, répétitions de 10 heures quotidiennes, sans temps d’échauffement. Il y eut évidemment des accidents. Les danseurs continuaient en boitillant, la production leur refusant l’intervention d’un médecin. L’incidence des éventuelles séquelles sur la suite de leur carrière était évidemment superfétatoire. Pourtant, tel un sportif de haut niveau, un danseur doit demeurer le plus longtemps possible dans la plus parfaite des conditions physiques pour continuer d’exercer.

Les contrats sont bien sûr inexistants.

La veille de la première représentation, l’un des producteurs arrive avec une mallette de liquide : 20 000 € pour payer les répétitions qui se terminent. Soit 36 € par jour et par danseur, soit 3,60 € de l’heure, cinq fois moins qu’une femme de ménage pour des qualifications sans commune mesure et des horaires de forçat.

Soixante euros net par représentation sont promis aux danseurs, bien qu’ils dansent
majoritairement dans des salles de plusieurs milliers de places (entre 34 € et 65 € la place). Si on estime un prix moyen à 40 € (estimation pessimiste en imaginant que la quasi-totalité de la salle n’est remplie que par des comités d’entreprises), et une jauge moyenne de 4000 fauteuils, nous obtenons un chiffre d’affaire (estimation elle aussi pessimiste) de 160 000 € par représentation.
Vingt trois représentations sont prévues, soit 3 680 000 € de chiffre d’affaire potentiel. La masse salariale artistique totale, chargée en France, n’est que de 52 440 €. Même si on doit ajouter les déplacements, quelques techniciens, ainsi que le logement, les repas et diverses bagatelles pour de telles perspectives de gain, la comparaison se passe de tout commentaire.

Le « ballet national de Russie » mentionné sur les affiches n’a jamais existé.
D’autres spectacles de cette production sont parallèlement à l’affiche, et ce jusqu’à la fin 2018 : Casse Noisette, Le lac des cygnes, Anna Karénine, Les contes d’Offmann, et les « Grands ballets classiques », toujours sous les noms bidon de « Ballet national de Russie » ou de « Opéra national de Russie ».

La commercialisation publique se fait par le site d’une société pourtant clôturée il y a deux ans : FRANCE CONCERT. Cette société avait été condamnée à verser 250 000 € de salaires impayés à des artiste Biélorusses du Lac des cygnes. Ses dirigeants l’avaient alors mise en faillite sans payer les salaires ni les charges afférentes, méthodes courantes dans l’audio-visuel ou le spectacle vivant, le système social français étant là pour tenter de rembourser au mieux les lésés avec les cotisations des salariés de toutes les branches, pendant que les responsables, les profiteurs, les
escrocs se contentent de renaitre sous un autre nom, parfois avec l’appui de nouvelles subventions.

Heureusement, ici, les affiches semblent ne mentionner aucune subvention. Qui dit
subventions dit, en principe, comptes précis à rendre, ce que ne doivent pas souhaiter ces producteurs qui se disent dans la légalité. Qu’ils y soient ou non, ces gens sont à expulser sans état d’âme des milieux artistiques. Ceux qui y vivent ont généralement suffisamment de difficultés pour qu’aucun vautour ne vienne profiter de leur indigence matérielle et de leur facilité à parfois se commettre pour danser, jouer, chanter, qu’ils soient étrangers ou français. S’ils sont français, espérons qu’ils prennent conscience que céder à la tentation de prostituer leur talent
contribue à la casse de leurs métiers et à l’exécution de collègues plus dignes.

Effrayées par les producteurs et leurs méthodes, les deux danseuses qui ont osé fuir l’ont fait en pleine nuit et aidées par des membres du SFA. Ces derniers ont saisi l’Urssaf et l’inspection du travail.

Quitte à faire grincer quelques dents, précisons que le SFA est adossé à la CGT et qu’il a toujours été le seul et unique syndicat à défendre les artistes du spectacle en France, et ce en s’abstenant de toute propagande politicienne.

En espérant que, pour les fêtes et au-delà, vous boycotterez les spectacles ARAME /
FRANCE CONCERT, je vous souhaite d’assister à de beaux spectacles qui ne seront pas montés dans l’unique but de faire d’énormes profits sur l’exploitation d’artistes dans le besoin, et choisis étrangers pour des raisons mercantiles.

Précipitez-vous, par exemple, au Théâtre de la Porte Saint Martin, à Paris, pour aller
applaudir le somptueux Tartuffe, de Molière, mis en scène par Michel Fau, joué par lui-même avec Michel Bouquet, Nicole Calfan, Christine Murillo… L’intelligence y dispute au talent, et la beauté visuelle au sens du spectacle ! Attention, dernière le 31 décembre.

JCL, délégué national à la culture vivante et populaire

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