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Libre débat sur la peine de mort


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Les différents faits divers entendus dans les médias engendrent différentes réactions sur les réseaux sociaux. Parmi elles, le thème du rétablissement de la peine de mort, ce qui a donné lieu à des échanges différents mais cordiaux entre 2 membres de l’UNC au cours d’un dîner.
A travers ces quelques lignes, vous vous apercevrez que l’UNC est avant tout un mouvement qui se veut rassembleur sur les grandes thématiques, alors que le débat sur « la peine de mort » est avant tout sociétal.

Ludovic  : Je ne sais pas si tu as vu, mon cher Jean-Christophe, l’animation grandissante sur Facebook, au sein de groupes ou sur des publications personnelles, liée au rétablissement de la peine de mort, suite notamment à l’affaire de la petite Maëlys.

Jean-Christophe : À propos d’un fait divers ou d’un autre, je n’ai pas remarqué d’engouement particulier pour la peine de mort mais les errances de meutes dispersées, ensauvagées, écumantes… On ne rend pas la justice par jets de bave, coups de crocs ou levages de patte aux pieds des lampadaires de l’info. Cependant, sur un sujet autrement plus essentiel, celui des revenants de Daech, et uniquement sur celui-ci, j’ai confessé le vacillement de mon opposition de toujours à la peine de mort. On m’a encouragé à tenir bon.

Ludovic  : Si les revenants de Daesh, encore en liberté doivent être arrêtés et jugés en tant que criminels de guerre, je me pose la question de devoir leur offrir une aide juridictionnelle et les entretenir aux frais de la princesse. Il en va de même, à mon sens, pour les meurtriers en série et les assassins d’enfants ; s’attaquer à un enfant, à l’innocence même de manière volontaire et calculée, en tant que père de famille, m’horripile. Ce sont à mon sens les 3 cas où je suis favorable à un retour de la peine capitale. Nous sommes certes dans un pays de droit, mais notre justice ne fait plus peur, même l’instauration d’une perpétuité réelle n’effraie pas ce genre de criminels.

Jean-Christophe : Tout d’abord, il me semble qu’il ne faut pas confondre les criminels de droit commun avec les criminels issus d’idéologies.
Les premiers, comme l’indique le droit dont ils dépendent, ne sont que le vulgaire. Ils risquent peu de faire des émules, ne sont que les francs-tireurs de turpitudes macabres qui dépassent rarement leur ego. Bref, ce sont des amateurs, des déséquilibrés qui ne méritent pas une mort froidement décidée par des ronds de cuir et des jurés satisfaits du devoir accompli.
Le problème se corse lorsque les criminels choisissent de s’inscrire dans une histoire qui les dépasse. Dès lors, ils intègrent des intérêts mettant en jeu des communautés entières, voire des civilisations. Avec l’alibi du collectif ils s’escriment à montrer l’exemple, deviennent prolifiques, organisent des concours d’escalade à l’horreur.
On peut emprisonner « à vie » un individu isolé, même si, hélas, ça n’arrive plus ; on ne peut pas risquer de laisser réchapper une machine de guerre fière d’elle-même. Mon opposition à la peine de mort s’est trouvée ébranlée en ce qui les concerne : ils ne sont plus des individus mais les rouages d’une masse.
C’est pourquoi j’avoue avec lâcheté qu’ils et elles doivent être jugés et purger leur peine dans les pays où ils ont commis leurs exactions... Tel Ponce Pilate, je m’en lave les mains.

Ludovic  : Nous sommes d’accord sur le fait qu’il faut éviter que ces criminels de guerre remettent les pieds sur notre territoire et doivent être jugés dans les pays dans lesquels ils ont commis leurs méfaits. Ce fut par exemple le cas avec Klaus Barbie. C’est trop facile de vouloir revenir en France pour être jugé et profiter de nos prisons tout en crachant sur notre nation.
Mais revenons-en aux autres cas, en se basant par exemple sur l’affaire de la petite Maëlys. C’est humain, de la part de ses parents, de la part de tout parent protecteur de souhaiter la pire fin de vie au monstre qui a tué cette enfant. Si je suis favorable, dans ce genre de cas, au rétablissement de la peine de mort, je reste posé quand même sur le fait qu’en matière de droit, si je ne m’abuse, la seule preuve irréfutable reste l’aveu. Les avancées scientifiques permettent d’apporter des éléments pour confondre un suspect mais il est facile pour la défense de laisser planer un doute sur la falsification de preuves ou les erreurs de résultats. De plus, je pense que dans le passé récent, peu de temps avant l’abolition de la peine de mort, certaines personnes pourtant innocentes et victimes d’erreurs judiciaires n’ont pu y réchapper. Comme je te disais, j’y suis favorable, mais vraiment sous certaines conditions qui ne laissent pas part au doute et dans certains cas déjà évoqués.

Jean-Christophe : L’aveu lui-même peut être extorqué. Souviens-toi de Patrick Dils qui, adolescent naïf et innocent, avoue uniquement parce qu’on lui laisse croire qu’il pourra ensuite rentrer chez lui…
Non seulement la peine de mort pour des assassins individuels ne sert à rien, mais elle n’est que basse vengeance. Décidée à froid et en toute « bonne conscience », elle met ceux qui l’infligent plus bas que le coupable, précisément à cause de leur bonne conscience.
Autant j’aurais d’indulgence pour celui qui se ferait justice à chaud, dans l’action, sous l’effet de la passion, et qui s’exposerait ainsi courageusement à être rattrapé par la justice de la société, autant une position de meurtrier institutionnel et droit dans ses bottes me dégoûte. Il devient lui aussi rouage d’une masse.
Museler sa conscience au nom d’une fallacieuse légitimité abîme ceux qui s’en rendent coupables, les font chuter à des niveaux inférieurs au criminel, dégrade leur âme. C’est bien plus en leur faveur qu’en celle du condamné que je m’oppose à la peine ultime, car c’est à eux-mêmes qu’ils infligent la mort. Ils sont impardonnables, car eux savent ce qu’ils font.

Ludovic  : Si personne ne peut se faire justice lui-même, la vengeance reste humaine, mais soulage-t-elle réellement ? Si notre justice était plus dure, avec par exemple rétablissement de la perpétuité réelle, mais aussi en étant davantage sévère avec les voyous de base, cette question ne se poserait peut-être pas. En attendant, les discussions vont bon train sur les réseaux sociaux, le pouvoir des médias engendrant aussi ce genre de réaction. D’un point de vue sociétal, cela reste un débat de fond qui mérite pure réflexion.

Jean-Christophe : D’accord avec ta conclusion. Une magistrature plus dure avec les petits délinquants en dissuaderait beaucoup d’emprunter la mauvaise voie. Mais afin qu’ils ne se professionnalisent pas en prison, il faudrait aussi reconstruire toute l’organisation pénitentiaire. Autre débat, ô combien urgent !


Pour information : Le dialogue ci-dessus rapporte des libres propos autour d’un libre débat entre deux militants, et donc entre deux individus, qui n’engage pas notre mouvement. Et en ajoutant, du coup, que si les grandes thématiques, les thématiques essentielles déjà esquissées dans notre "charte" et le projet qui en découle soumis à l’Assemblée générale du 12 mai prochain définissent notre raison d’être et nous engagent, la plus grande liberté est laissée à nos adhérents sur les problèmes, notamment sociétaux, qui relèvent de la conscience personnelle et du choix de chacun.

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